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Produits et recettes pour la peinture à l’huile

Cette page présente les différents produits que l’on peut utiliser et des recettes de fabrication pour la peinture à l’huile. Les produits principaux sont décrits ci-dessous ; le reste dépend de votre envie et de votre pratique.

Pour s’équiper, on peut se tourner vers le Géant des Beaux-Arts (lien d’affiliation) :

Produits à peindre

Huile de lin

L’huile de lin est importante dans la peinture à l’huile puisque c’est elle qui a donné son nom au procédé. C’est elle qui assure la fixation du pigment sur le support. Elle est souvent utilisée sous une forme plus siccative, la « stand oil », dans les mélanges. Le lin est cultivé du Proche-Orient jusqu’en Hollande. L’huile de lin doit avoir une belle coloration jaune ombrée. La siccativité (sa capacité à sécher) de l’huile est accrue soit par cuisson, soit en y ajoutant des oxydes métalliques. L’huile jaunit au séchage si elle n’est pas exposée à la lumière.

Huile d’œillette

L’huile d’œillette est tirée du pavot. Elle est moins colorée que l’huile de lin mais sèche moins bien. Elle est souvent employée dans les tubes de couleurs claires ; son avantage de limitation du jaunissement est tempéré par sa plus grande fragilité et les difficultés de séchage qu’elle engendre.

Médium

Le médium est le produit qui permet de diluer la peinture en cours de travail. C’est essentiellement un mélange d’huile de lin et d’essence de térébenthine. Il existe de nombreux médiums dans le commerce au point qu’il est difficile de s’y retrouver. Le plus courant, le plus économique et très efficace consiste à employer un mélange en parts égales d’huile de lin et d’essence de térébenthine.

Siccatif de Courtrai

Siccatif marron foncé. À utiliser en toutes petites quantités. Accélère le séchage. On ne sait s’il améliore ou nuit à la conservation de l’œuvre. On s’en passe très bien sauf si on se lance dans la fabrication de médiums complexes, ou que la peinture que l’on utilise est très peu siccative, ou que l’on est pressé ! C’est le plus puissant des siccatifs. Contient à la fois de l’oxyde de plomb et de manganèse.

À employer avec modération (2 à 3 gouttes par noix de couleur) par mélange avec les couleurs réputées les moins siccatives (outremer, noir d’ivoire, vert émeraude).

Gel d’empâtement

Permet de réaliser des peintures très épaisses. Peut-être vaut-il mieux faire un enduit non lisse, maroufler de la toile de jute en sous-couche, qu’utiliser ces produits dont l’espérance de vie et le prix délirant sont décourageants.

Essence de térébenthine

L’essence de térébenthine est le produit qui permet de diluer la peinture à l’huile tout en lui conférant une certaine résistance. Elle est tirée de la distillation de la sève du pin. Il en existe différentes gammes en fonction de leur raffinage et du prix qu’on est prêt à mettre dans leur achat. En préférer de la fraîche et bien résineuse.

Baume de térébenthine de Venise

C’est une résine issue du mélèze, que l’on dilue dans l’essence de térébenthine pour ajouter de la résine au médium. C’est un produit que l’on peut utiliser selon Xavier de Langlais pour limiter l’embus et avoir des couleurs solides et durables.

Mais là n’est pas son seul intérêt. Il est avant tout très tendre et diminue à ce titre le risque de craquelures inhérent à toute incorporation excessive d’autres résines, y compris le mastic et le dammar. Ne pas en incorporer trop pour ne pas connaître de problème de séchage : 4 % maximum.

White spirit

Le réserver au nettoyage des pinceaux. Point éclair 38°. Éviter de peindre avec car il appauvrit terriblement la peinture : il ne contient aucune résine et c’est un dégraissant puissant. Le préférer désodorisé. Se trouve en bidons de 5 litres plus économiques. Éviter, comme pour tous les produits cités sur cette page, de jeter les résidus à l’égout ; les garder dans des bidons que vous pouvez donner à la déchetterie près de chez vous.

Enduction / préparation

Gesso

Produit acrylique blanc idéal comme sous-couche moderne. Le principal inconvénient est son prix élevé. Pour enduction de toiles et de papiers. Diluer la première couche à 10 %. C’est la forme moderne d’un enduit à la colle et au plâtre employé par les anciens. Il n’en a pas toutes les qualités.

Blanc d’Espagne

Utilisé dans les préparations traditionnelles à la colle de peau comme charge blanche, c’est un blanc calcaire. Quasi identique au blanc de Meudon (appellation commerciale).

Colle de peau de lapin

Enduction et encollage traditionnel, rarement utilisée par les amateurs alors que c’est le support le plus absorbant et le plus souhaitable. Son intérêt est d’avoir un comportement connu dans le temps et d’être absorbante. Son utilisation est peu facile car elle doit être passée à chaud.

Recette classique d’encollage : 10 g de colle de peau + 100 g d’eau. Faire tremper 12 h. La colle ainsi ramollie, porter au bain-marie jusqu’à dissolution (l’eau du bain-marie peut bouillir). La colle ne doit pas être chauffée à feu nu ni bouillir : elle serait inutilisable. Doit être employée aussi chaude que possible, car elle se solidifie en refroidissant.

Recette classique d’enduction : 10 g colle de peau en plaquettes + 100 g d’eau + 40 g de blanc d’Espagne (ou 30 g + 10 g de blanc de lithopone). On appelle aussi la colle de peau de lapin la colle « Totin ». Pour préparer sa toile on commencera donc par l’encoller en couche épaisse en croisant bien. Après durcissage on ponce légèrement et l’on enduit.

Vernis

Les vernis ont pour fonction de protéger la peinture des agressions extérieures, essentiellement de la poussière. Un bon vernis doit pouvoir facilement être enlevé, sans dommage pour la peinture, afin de nettoyer l’œuvre.

Vernis damar : à base de résine de damar ; protège la peinture et peut aussi être incorporé au médium. Appliquer après un an de séchage.

Vernis à retoucher : pour retoucher les toiles à l’huile en évitant les embus. Son usage est discuté ; non indispensable en technique rapide et moderne, il peut éviter des différences de brillant dans des techniques plus lentes et classiques.

Vernis acrylique : pour protéger la peinture. Appliquer après un an de séchage minimum. Se passe au pinceau.

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