Réparer une sculpture en terre cuite
Cet article indique une méthode de réparation des sculptures en terre cuite avec de la colle. Cette méthode est suffisante pour la majorité des cas de cuisson ratée ; les réparations en plâtre sont assez rares, sauf si la sculpture est tombée et que tous les morceaux n’ont pas été retrouvés.
Ça y est, vous venez de cuire votre œuvre et elle est fissurée…
Fissures et cassures
Certaines fissures ne sont pas gênantes à la lecture. Il ne faut pas regarder la taille de la fissure, mais si l’œil n’est pas incessamment attiré par cette fissure. Attention, on est rarement objectif sur sa propre sculpture : demandez à un œil extérieur s’il trouve que la fissure est vraiment gênante à la lecture, et regardez surtout si ses yeux englobent votre sculpture sans être toujours attirés par la fissure.
En cas de cassure, on est obligé de recoller et la question ne se pose pas.
Que ce soit une fissure ou une cassure, la technique de réparation est presque la même, sauf qu’il faut prévoir de maintenir les morceaux cassés et réassemblés, alors qu’une fissure n’a pas besoin de maintien.
La colle
Généralement, la colle « Araldite rapide » donne de très bons résultats. Les endroits de collage sont plus solides que la terre cuite elle-même ! La propriété de rapidité évite les « jeux » entre deux pièces qui pourraient s’installer à la longue, souvent à cause du poids des pièces.
La colle doit être appliquée avec parcimonie. Moins on met de colle, moins la réparation se voit. Après séchage, la colle est très brillante et fait ressortir la fissure ou cassure. On ne peut pas faire chemin arrière !
Attention, cette colle est à bannir si on veut coller du plexiglas : elle n’adhère absolument pas !
La colle a la propriété d’être très lisse, ce qui empêche le cirage, par exemple, d’adhérer à l’endroit de la fissure ou de la cassure : c’est désastreux !
On peut ajouter un peu de poudre de terre cuite, ou de marbre ou encore de plâtre, de sorte que la patine appliquée par la suite puisse adhérer pareillement à l’endroit de la fissure ou cassure que partout ailleurs.
Réparer une fissure
En cas de fissure, le mieux est de longer la fissure avec un ruban adhésif, comme on protège un mur lorsqu’on peint un chambranle de porte.
Appliquer la colle avec un couteau ou une allumette, en lissant avec un chiffon. (N’utilisez pas de gant de plastique qui fondent sous l’action de la colle !) La colle va couler dans la fissure, ce qui provoque un creux. En appliquant plusieurs couches de colle, sans déborder, on finit par obtenir une partie plane à la place de la fissure. Il est important de ne pas obtenir de creux : la lumière s’engouffre dedans et la fissure apparaît de façon encore plus criante !
Réparer une cassure
Il faut maintenir les deux morceaux cassés par de la terre crue, c’est généralement suffisant. Essayez de trouver une position où le morceau plus léger est au-dessus du plus lourd : ainsi, une fois collés, le plus léger aura tendance à s’emboîter naturellement dans le plus lourd.
La colle doit être appliquée sur les deux parties (attendez toujours 5 minutes à l’air libre avant d’assembler les deux parties).
Il faut mettre très peu de colle. Le mieux est qu’elle ne sorte pas de la cassure lors de l’emboîtement. Appliquez avec une allumette ou un couteau que vous rincerez sans attendre.
Le ponçage
Enfin, il faut poncer…
Cette étape est essentielle. Non seulement le ponçage va permettre de lisser les surplus de colle, mais il va en plus rendre plus rugueuse la colle qui est, pour l’instant, totalement lisse.
Patine couvrante ou non
La première question à se poser est « Vais-je patiner ma sculpture ? ». En effet, certaines sculptures vont supporter une patine, voire même être améliorées par une patine, alors que d’autres perdront beaucoup de leur expression. Au premier abord, il est toujours décevant de devoir patiner une sculpture si on ne l’avait pas prévu ; on a du mal à admettre l’irrémédiable. À l’inverse, lorsque vous aviez prévu de patiner et que la sculpture a bien supporté la cuisson, vous verrez qu’il vous sera difficile alors de la patiner. L’aspect brut d’une sculpture est toujours intéressant et plus vous progresserez, plus le choix de la couleur et de la qualité de la terre prendra une importance particulière à vos yeux.
Le procédé est différent si la patine est couvrante (telle une patine à la laque industrielle) ou non couvrante (telle une patine au cirage). Si la patine est couvrante, on peut se permettre de prendre moins de précautions. La cassure ou fissure sera invisible ; en contrepartie, le côté « brut » de l’œuvre est perdu.
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