Banques d’images
La plupart des images qui circulent dans la pub, les catalogues, plaquettes et sites web sont produites par des entreprises qui constituent des banques d’images dites « libres de droits ». Ce terme est mal choisi : le droit d’utilisation est vendu avec l’image. En achetant une licence en ligne, on obtient les droits d’exploitation prévus par le contrat.
Ces photothèques, ou banques d’images, peuvent réunir des centaines de milliers de photographies, consultables et téléchargeables sur Internet. Ce sont ces entreprises qui se chargent d’obtenir auprès des photographes et de leurs modèles les droits d’utilisation. Tous les droits prévus par la licence sont acquis, sauf bien sûr un usage diffamatoire.
Le seul inconvénient de ces images, si on les utilise telles quelles, c’est qu’on n’est absolument pas garanti d’être le seul à le faire. Nous ne possédons aucune exclusivité. Et puis on ne doit paas les copier mais s'en inspirer comme les oeuvres dans les musées
Apprendre depuis le motif
Pour apprendre à dessiner, il faut pratiquer depuis le motif : un objet réel, un paysage, un modèle vivant devant soi. C’est là que l’œil apprend à mesurer, à comparer, à projeter soi-même le monde en trois dimensions sur le plan de l’œuvre.
Les banques de photographies et les images générées par IA peuvent nourrir un travail d’atelier : documentation, idées de poses, ambiances, références anatomiques quand le modèle n’est pas disponible. Elles ne remplacent pas cet apprentissage. Une photo est déjà un plan ; le motif vivant, lui, oblige à construire la forme.
Et le droit ?
Le droit d’auteur en France protège une expression. Pas une idée.
Nous pouvons donc utiliser ces images trouvées sur Internet comme base de nos créations. Par exemple, réaliser un dessin inspiré par une photographie proposée par une banque d’images. Comme Francis Bacon lorsqu’il peint son screaming pope d’après Velázquez, nous avons le droit de peindre d’après les images que l’on trouve sur ces banques d’images, même sans les acheter. Nous possédons tous les droits sur la nouvelle image produite, y compris celui de s’en servir de point de départ à une nouvelle œuvre…
On ne peut cependant pas les reproduire. Au juge de déterminer quand on franchit la limite entre inspiration et reproduction.
La nécessité des docs
Qui peut faire du figuratif sans document de référence, ou modèle ? Même si l’œuvre que nous réalisons est très libre, il nous faut des références. Sans les autres nous ne sommes rien. Ce sont les œuvres que nous avons vues, les influences que nous subissons, qui nous permettent de créer. N’hésitez pas à digérer des tonnes de photographies. Évitez de recopier, c’est sans intérêt, mais alimentez-vous ! La qualité de vos œuvres ne peut que s’améliorer. Francis Bacon s’alimentait beaucoup de photographies, les digérait.
Où se fournir en doc ?
La presse peut nous fournir en documents variés. On peut aussi s’en fournir sur le net. Quel meilleur moyen pour trouver une image de chameau au moment où l’on en a besoin ? Quelques adresses utiles :
Moteurs de recherche
Les moteurs d’images (Google Images, Bing, etc.) permettent de trouver rapidement une référence. Vérifiez toujours les conditions d’utilisation avant tout usage commercial ; pour un travail d’étude personnel, une photo peut servir de point de départ, pas de copie à publier telle quelle.
Banques d’images
- Pexels : images de qualité, libres de droit et gratuites.
- Cubebrush : nombreuses collections de photographies de modèle vivant pour peintres et sculpteurs, avec vues à 360°. Une ressource précieuse pour travailler une pose sous plusieurs angles, en complément — et non à la place — du modèle vivant.
- PhotoAlto : photothèque commerciale, recherche par mot-clé ou thème.
Exemple de ressource pour l’animation ou le dessin (Cubebrush) :
Plusieurs banques « libres de droits » des années 2000 (Goodshoot, Powerpics, Photodisc en tant que site autonome…) ont disparu ou ont été absorbées. Lisez toujours la licence avant d’utiliser une image hors de votre atelier.
Musées et collections numérisées
- GrandPalaisRmnPhoto : l’agence photo de la Réunion des musées nationaux et du Grand Palais (ex photo.rmn.fr) ouvre ses fonds : œuvres des musées nationaux, notices, recherche en ligne.
- Google Arts & Culture : accès à des collections muséales numérisées en haute définition, expositions virtuelles et détails d’œuvres impossibles à approcher autrement — une documentation précieuse pour l’atelier.
Mais que fait la police ?
Pour les typographies libres : Font Squirrel — polices gratuites pour un usage commercial, au format web et bureau.
Synthèse d’images par IA
Depuis quelques années, des outils permettent de générer des images à partir d’une description écrite (un « prompt »). Pour un artiste, ce n’est ni une baguette magique ni une menace : c’est une nouvelle façon de produire de la documentation, comme on feuilletait autrefois un catalogue de poses.
En local, des logiciels libres comme Stable Diffusion (et ses interfaces, Automatic1111, ComfyUI, etc.) tournent sur un ordinateur personnel. On contrôle le modèle, on itère sans limite d’abonnement, et les images restent chez soi. Il faut un peu de technique et, idéalement, une carte graphique correcte.
En ligne, de nombreux chats et services (ChatGPT / DALL·E, Midjourney, Gemini, Leonardo, et d’autres) génèrent des images directement dans le navigateur. Pratique pour explorer une idée rapidement ; attention aux conditions d’usage et à ce que l’on envoie sur des serveurs tiers.
Utile pour : inventer une lumière, une composition, une anatomie rare, un accessoire introuvable. Moins utile — voire trompeur — pour apprendre le dessin : l’IA a déjà « aplati » le monde pour vous. Servez-vous-en pour nourrir l’atelier, puis revenez au motif pour construire vous-même la forme sur le plan.